2ème

Pourquoi mes humains restent-ils chez moi toute la journée ?

J’ai mal dormi cette nuit. Poutchy, charmante boule de poils invivable ne m’a pas laissé tranquille. De 3 heures du matin à mon lever, il n’a eu de cesse de me réveiller. Je pense, mais peut-être me fais-je des idées, qu’il ne comprend pas pourquoi je suis à l’appartement toute la journée. J’ai mal au crâne de manque de sommeil. Ce soir, c’est sûr, je ne me laisse pas amadouer par son regard suppliant.

Mon bureau à domicile est complètement installé. Il s’y trouve la même plante que dans l’autre, celui où je ne peux pas mettre les pieds pour le moment.
J’ai cru que j’aurais des difficultés à travailler, mais tout s’est très bien organisé, et j’ai pu répondre aux appels des chefs d’entreprise, inquiet pour eux et pour leurs salariés. Malheureusement, parfois, mes réponses n’étaient pas suffisantes pour les rassurer. Est-ce que mon entreprise survivra ? Je ne sais pas. Nous allons faire le maximum pour vous accompagner et vous aider. Mais je ne sais pas ! Comment le saurais-je ?

Il fait beau ! Cela donne envie de sortir. Comme je suis heureuse d’avoir déménager en novembre, je peux bénéficier de ma terrasse pour prendre l’air, faire un peu de sport et jouer avec les chats. Moi qui avait tant regretté l’autre appartement, je dois faire mon méa culpa. Ma fille me redira, : »Tu vois, j’avais raison ! » pour la deux centièmes fois. Elle a si souvent raison.

Ce matin, par la fenêtre de ma chambre/bureau, je regarde ma rue devenue vide. Le feu de signalisation change de couleur sans personne ni pour le voir, ni s’y arrêter ou même le griller.
Un retraité est passé dans ma rue, il revenait du tabac. Je me suis fait la réflexion que ce devait être difficile pour une personne âgée qui n’avait que les courses du matin pour échanger avec les autres. Au moins, lui, il a son tabac. Son médecin avait tort de lui dire d’arrêter. Il garde le contact avec son monde. J’ai pensé à toutes les personnes âgées qui seraient seules, dans leur logement, sans personne à qui parler, mais surtout, sans personne à leur côté. Parler au téléphone, oui. Mais quand le combiné est raccroché, la solitude reprend place.
J’aurais aimé lui faire coucou, lui dire que nous sommes voisins d’en face, que l’on pourrait échangé de fenêtre à fenêtre. Puis je me suis rappelée qu’ici, ils ne parlent pas aux « étrangers ». Donc, j’ai retenu mon geste, j’ai essuyé mes réflexions et j’ai tourné la tête. J’ai laissé le silence s’installé.
Peut-être un jour, l’humain comprendra …

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