Le syndrome de Lucio

ou

La résignation choisie

Tout d’abord, cette présentation n’est qu’une vision philosophique d’interdictions que nous nous mettons et n’apporte en aucunes manières des solutions thérapeutiques. Il s’agit de prendre le temps de réfléchir sur nos manières de se comporter et d’accepter, parfois sans réelles raisons, nos barrières mentales.

Ceci étant posé, nous allons pouvoir découvrir Lucio.

Lucio est un poisson rouge qui vit dans un bocal. Je pourrais digresser sur sa vision du monde limité à son bocal mais là n’est pas le propos, quoi que ?

Lucio a son bocal pour lui tout seul et passe son temps à nager d’un bord à l’autre. Il ne se pose pas de questions, d’ailleurs s’il s’en posait, je serais bien en peine de vous en livrer la teneur, je ne maîtrise pas le poisson rouge. Il est tranquille mon petit Lucio. Sa nourriture arrive comme par magie, l’eau est régulièrement changé, la lumière lui fait du bien.

Mais voilà, le pauvre petit Lucio est sous la responsabilité d’un humain qui va tenter une petite expérience sur lui ? Avec lui ? Bref, ensemble !

Lors d’un nettoyage du bocal, l’humain va glisser une paroi en verre dans le bocal puis, il va remettre Lucio dans son élément. Derrière la paroi en verre, l’humain dépose de la nourriture. Lucio, n’est pas un poisson stupide, il a vu la nourriture, il va donc se précipiter vers elle. Nous sommes tous bâti sur le même schéma : la survie !

Et bing ! Il se cogne dans la paroi en verre qu’il n’avait pas encore remarqué. Cela l’interroge, il est pourtant persuadé qu’avant il pouvait atteindre cette partie du bocal. Alors, Lucio, prend son courage à deux nageoires et se relance à la charge. Ce n’est pas un contretemps qui va lui faire perdre la joie d’un bon gueuleton.

Et re-bing ! Il se heurte encore à la paroi en verre. Lucio, qui n’est pas non plus un feignant, va retenter l’expérience une fois, deux fois, dix fois. A chaque fois, il se cogne à la paroi en verre. Lassé, il en tire donc conclusion qu’il ne peut pas avoir cette nourriture et se cantonne dans sa partie du bocal même si la nourriture n’est pas aussi bonne.

Nouveau lavage du bocal, l’humain facétieux retire la paroi en verre et dépose à nouveau cette délicieuse nourriture qui plaît tant à Lucio. Mais Lucio, comme je l’ai dit plus haut, n’est pas un poisson stupide, il a apprit qu’il ne pouvait pas toucher à cette nourriture, alors il lui tourne le dos et vaque à ses occupations. Tant pis pour le rêve, il se contentera de la mauvaise nourriture.

Je ne sais pas si l’expérience a été réalisé, et là n’est pas le propos. C’est une image pour parler de la résignation choisie.

Je n’explore pas toutes les facettes de la résignation choisie, parce que le sujet est vaste et je ne sais pas si je serais en capacité de le traiter correctement.

Et paf ! Résignation choisie !

Il n’est pas simple de croire en soi. Je dirais même c’est une des choses les plus compliquée à faire. Croire en soi et ne pas se résigner à des croyances limitantes. Nous en avons tous de ces pensées qui nous ont ou qui nous bloquerons à un moment ou à un autre de notre vie. Je ne pense pas qu’une personne sur cette terre ne sait pas dit, à un moment ou à un autre : “ Ce n’est pas pour moi parce que …”

Parfois la vision est juste !

Je ne postulera pas pour le rôle de Juliette dans Roméo et Juliette, l’héroïne ayant 15 ans et moi quelques mois de plus. Ce n’est pas de la résignation choisie mais de la lucidité.

J’ai une vie riche d’expérience, j’ai travaillé avec des petits enfants, des adolescents et des adultes dans des domaines qui ne concernent en rien le médical. Les petits enfants, je les ai côtoyé en maternelle, les adolescents à la MJC, les adultes dans mon travail de tous les jours. Nous sommes bombardés de pensées limitantes quasiment chaque jour que nous vivons. Nos enfants grandissent en sachant qu’ils seront limités. Nous nous coupons les ailes avant même d’avoir pu les déployer. Sommes-nous à blâmer pour autant ? Nous le sommes si nous décidons pas de nous améliorer.

Qui peut lever le doigt et me dire qu’il n’a jamais de sa vie dit à quelqu’un qu’il ne pourrait pas le faire ? En le faisant,nous lui avons posé une barrière mentale.